Raffinerie Gabonaise de l’Or : le Gabon veut reprendre le contrôle de sa chaîne aurifère.
Par Administrateur · 07 septembre 2026 à 21h31 · 3 vues · 4 min de lecture
Le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, a effectué une visite de travail ce lundi 07 Septembre 2026 à la Raffinerie Gabonaise de l’Or (RGO), à Nkok, pour s’enquérir du fonctionnement de cet outil stratégique. Cette visite, consacrée aux différentes étapes de transformation de l’or, traduit la volonté du gouvernement de renforcer la maîtrise nationale de la production aurifère, de son extraction jusqu’à sa certification et sa valorisation. La réforme vise notamment à assainir la filière, renforcer la traçabilité et favoriser la transformation locale.
À la Zone économique de Nkok, le ministre des Mines a permis de mettre en lumière un maillon présenté désormais comme essentiel dans la nouvelle stratégie aurifère du Gabon : la Raffinerie Gabonaise de l’Or. Pour le gouvernement, il ne s’agit plus seulement d’extraire la ressource, mais d’en maîtriser progressivement toute la chaîne de valeur. La note de presse du ministère présente ainsi la réforme autour de quatre axes : assainir la filière, tracer les flux, raffiner localement et constituer un stock stratégique d’or.
Sur place, le ministre a pu suivre les cinq principales étapes du processus de transformation. La première est celle de l’analyse, qui consiste à examiner les échantillons afin de déterminer leur composition et leur teneur. Vient ensuite la fonte par induction, destinée à fondre le minerai et à préparer la matière pour les étapes suivantes. Ce procédé constitue l’un des premiers passages techniques permettant de transformer la matière aurifère en produit exploitable par la raffinerie.
La troisième étape repose sur le raffinage par le procédé Aqua Regia, qui permet de traiter l’or afin d’en séparer les différents éléments. L’or passe ensuite par une phase d’électrolyse, destinée à accroître considérablement son niveau de pureté. Enfin, la chaîne s’achève par la fabrication des lingots, dernière étape qui donne au métal une forme commercialisable et permet son identification. La RGO est ainsi appelée à assurer plusieurs fonctions, notamment la réception, le contrôle, le raffinage, la certification et le stockage de l’or national.
Cette infrastructure s’inscrit dans une logique de transformation locale défendue par les autorités. L’usine dispose des capacités nécessaires pour transformer l’or produit au Gabon et répond aux standards recherchés en matière de sécurité et de protection de l’environnement.
Le dispositif doit également renforcer la traçabilité de l’or gabonais. Dans son intervention, le ministre a expliqué que les lingots produits par la raffinerie seront identifiables grâce à un QR code permettant de remonter jusqu’au permis d’exploitation, à la société productrice et au parcours du minerai. Une telle démarche doit permettre de mieux contrôler les flux, de lutter contre les circuits irréguliers et de garantir l’origine de l’or, y compris lorsqu’il est destiné aux marchés internationaux. Cette orientation rejoint la stratégie ministérielle visant à mettre en place une traçabilité intégrale de la production aurifère.
Au-delà du raffinage, la RGO doit ainsi devenir un maillon central d’une chaîne nationale allant de la production au stockage stratégique. Le dispositif présenté par le ministère prévoit notamment l’intervention de la SEM, de la raffinerie, d’une structure chargée du stock stratégique et de mécanismes de commercialisation de l’or raffiné. L’objectif final est de permettre au Gabon de produire, contrôler, transformer, certifier et mieux valoriser son or sur son propre territoire.
La visite du Ministre Sosthène Nguema Nguema apparaît donc comme une étape concrète dans cette nouvelle orientation. Avec une capacité annoncée de raffinage de plusieurs tonnes d’or par an, la RGO dispose d’un outil industriel appelé à prendre une place croissante dans la politique minière nationale. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse désormais la simple transformation : il s’agit de faire de l’or une ressource mieux contrôlée et davantage créatrice de valeur pour l’économie gabonaise. Le ministère résume cette ambition par une formule : « produire mieux, tracer mieux, transformer davantage et préserver davantage de valeur pour le pays ».
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